
Robert Gober revisité,
© montage mtwww

Rudolf Noureïev,
Photo de Richard Avedon
Béni soit l’oeil…
» Depuis trente ans, je suis chercheur d’images. Ce métier, aussi répandu que celui de charmeur de rats ou de chien truffier ne s’enseigne nulle part. C’est dire qu’on ne le choisit pas : il vous choisit, vous attrape au coin du bois. (…) A l’OMS, où j’avais travaillé comme journaliste, on m’a demandé – c’était l’année de l’ophtalmologie – de constituer un dossier d’images sur l’oeil. L’oeil dans toutes les cultures, dans toutes les époques, bref : « l’oeil dans tous ses états ». Je me suis donc lancé à corps perdu, et j’ai fait de l’iconographie comme M. Jourdain faisait de la prose : sans le savoir. Je n’ai plus arrêté depuis : je bénis l’oeil et l’OMS : cet apprentissage de l’image, acquis au gré des commandes et par la plante des pieds, m’a enrichi autant que tout ce que j’ai pu lire entre six et soixante-trois ans. C’est un contrepoint merveilleux à la culture du texte. »
Histoires d’une image, p. 49, Editions Zoé.
.
Part 5 de Parts,
un projet commencé en 2013.
Eva Stenram
Version « chic et soft » de combustion humaine spontanée ?

La jambe, Alberto Giacometti.
Conçue en 1947, réalisée en 1958.
Cliché de carte postale mtwww.

A propos de la jambe
Vous me demandez, je crois, ce qui m’a amené à faire la sculpture de La jambe. Cette sculpture, je l’avais en imagination devant mes yeux depuis 1947, moment où j’avais fait Bras et main seuls. Il ne m’était pas possible à l’époque de faire une grande figure avec les différentes parties bien déterminées et pourtant j’avais le désir de définir un bras, une jambe, un ventre. Il ne me restait que la possibilité de faire la partie pour le tout, cela d’ailleurs correspondait à ma vision des choses.
Je ne peux pas simultanément voir les yeux, les mains, les pieds d’une personne qui se tient à deux ou trois mètres devant moi, mais la seule partie que je regarde entraîne la sensation de l’existence du tout.
Ceci est un des motifs qui m’a fait faire La jambe.
Mais ce qui comptait au moins autant, sinon plus, c’était le désir, le plaisir physique d’avoir devant moi à une hauteur précise un pied d’une dimension précise, le genou à telle hauteur et le haut de la cuisse à ce point précis au-dessus de moi, et ce qui comptait autant c’était l’angle, la direction du pied, de la jambe, de la cuisse avec, d’une certaine manière, le genou comme point fixe. Par contre, la manière dont étaient modelées les différentes parties comptait très peu.
Un jour, en 1958, il était urgent d’en finir avec cette jambe le plus vite possible après tant d’années que je la voyais en imagination sans éprouver le désir assez fort de la réaliser. Voilà tout ce que je peux dire aujourd’hui à propos de cette sculpture.
Paris, le 13 février 1960
Texte écrit à la demande du Docteur Eduard Trier, conseiller artistique du
Kulturkreis im Bundesverband der Deutsche Industrie. Il était destiné à une publication documentaire sur les dix sculptures qui avaient été achetées par cet organisme dans le cadre d’une donation au Musée Wilhelm Lehmbruck. Cette publication n’eut pas lieu et le texte fut publié pour la première fois, en allemand, dans le catalogue de la retrospective organisée par ce musée en 1977. Texte inédit en français.
Merci, Solange Pinton, d’avoir attiré mon attention sur cet entretien de Giacometti. (Le confinement … mars avril mai 2020 ….a eu du bon!) dans
Alberto Giacometti, Ecrits. Présentés par Michel Leiris et Jacques Dupin
Savoir sur l’art, Hermann, éditeurs des sciences et des arts. p.85
Énergique sur fond violet 1925-1926.
František Kupka (1871-1957).
« Des jambes qui ne disent pas leur nom »
dixit Dany Savelli. Merci.
Cliché de carte postale mtwww.
Grand Palais, Paris 2018.
Voir aussi / See also
Ma déraison d’être
here.

Seduzir (Séduire), 2002,
Helena Almeida.
« Repérée dans un vieux La Gazette de Drouot (2016) »
Merci Claude H.

« Et voici … Quand le patron des voyageurs, Saint Christophe,
conserva précieusement l’usage de ses jambes :
chapelle du Saint Esprit de Rue, en Picardie. »
Merci Isabelle Baudelet.

Affiche de la Mairie de Paris.
« Le harcèlement de rue est interdit par la loi. »
Merci Marie-Odile T.
Voir aussi / See also
Harassment in the army
here.
(Im)Parité/ Gender (im)balance.

« Samedi, expOS temporaire n° 58 :
les petites gambettes modelées de Gertrude, du corps qu’elle a
dans la tête. Dédié à Marie-Thérèse Weal ».
Merci Juliette Charpentier.


« Jambes en l’air »
Merci Claude H.
Now in 30C’ here:
Eros.



Merci Marie-France Dubromel.
Voir aussi / See also
here