zzz02-06/2020 (II)

 

Corée du Sud
M/F,
presented by the Korean Fine Arts Association
Daegu Art Fair

Instagram @_marievic_
8 novembre 2017

#marievic
Merci Marie-Hélène Giannesini.

 

MHG Richard Q©William Eugene Smith
Instagram @richardquaterley.

Merci Marie-Hélène Giannesini

 

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Erwitt

Elliott Erwitt

 

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HungerofInstagram @Hunger of the pine

 

Hungerofthepine
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19 Chiaraceolin copie
Instagram @chiaraceolin

 

@effediflaminia
©effediflaminia  

Instagram @thibautmathieuad

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Claude HRue Legouvé, Paris 10ème
Merci Claude H.

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Lise BInstagram @Lisabarnard

 

ZPOSTERNAK
Instagram @Zposternak

 

PPP
Porcile, 1969, Pier Paolo Pasolini
Instagram ©marcdepierrefeu

 

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Isabel MFacebook. Isabel M. Marques

 

Claude H Les belles heures du Duc de Berry.
Merci Claude H.

 

Tanya PosternakInstagram @Tanya Posternak

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zzz02-06/2020 (I)


La vache qui rit Sophie Mangon
Instagram @sophiemangon
geste barrière avant l'heure
    affiche vache-qui-rit années 50

 

Poubelle"Geste barrière. Tuto du jour fait pour vous avec amour". 
Instagram @gigi_de_intini_de_castiglione

 

MTW jambes de confinement
Un confiné béat
Rue Notre Dame de Lorette
Paris 9ème 7 mai 20

©Marie-Thérèse Weal

 

Anne-Marie Saltiel.
Happy Easter

Instagram@annemarie.saltiel

 


Alexis Retirez votre jambe

"Retirez votre jambe!"
("Remove your leg")

Merci Alexis Ligougne

 

David Genzel. Tabouret nones
Instagram @davidgenzelofficial

 

Richard Quartley. %22Lover... is the aste disposal blocked again?%22
"Love !….. is the waste disposal blocked ?"
Instagram @Richard Quaterley

Merci Marie-Hélène Giannesini.

 

Richard     Give a dog ...
"Give a dog a…err …mannequin's leg"
@Richard Quaterley Instagram
Merci Marie-Hélène Giannesini.

 

MfDU

MFD Vierzon copie
Vierzon à 2h de Paris
berrysolognetourisme.com
Merci Marie-France Dubromel

 

Edouard Taufenbach. Fonds Sebastien Lifshitz©Edouard Taufenbach.
Fonds Sebastien
Lifshitz
Instagram @vitofranscescodelucce

 

Max. Sarah. Le 3 6 20png
Grandson Max, 
©sarahwealpersonal

Albee et Max
Grandsons Albee & Max
©sarahwealpersonal

 

Fête de la Musique

 

Fête de la MMerci Claude H.

 

18 Annemarie Saltiel copieInstagram@annemarie.saltiel

 

Andrea dellla Robbia. Putto in fasce.1487. Spedale degli innocentiPutto in fasce, 1487,
Andrea della Robbia.

Spedaale degli innocenti

Instagram@vitofrancescodellalucce

 

Salvador Dali. .La tête de medusa Drypoint 1963
La tête de Méduse, pointe sèche 1963
Salvador Dali

 

Pierre Molinier
©Pierre Molinier
instagram @autographes_des_siècles 
(15 novembre 2018)

 

 

Dali  4. Electric WarriorBryan Hosiery, années 40, Salvador Dali
Thank you Katie Lennard

 

Lol V Stein Instagram Lol V Stein

 

Suite de la récolte 02-06/2020 // Rest of the 02-06/2020 crop

Ponge sur La jambe d’Alberto Giacometti. in Lyre. Gallimard

Voici le moment venu, je crois, d’interloquer notre génération en lui proposant une vérité saisissante – la plus émouvante pour elle à concevoir – dont nous dûmes pourtant attendre qu’elle la produise strictement elle-même. La moindre statuettes de Giacometti nous en fournit le gage formel : pour qu’une telle génération – la nôtre – montre ainsi en gloire ses étamines, il faut qu’elle soit à l’heure de son complet épanouissement…

Giacometti naquit en 1901 à Stampa (Suisse) dans un village de montagne; c’est à dire au coeur rude de l’Europe; mais tourné plutôt vers l’Italie. Sa mère, un rocher (il lui ressemble), avait épousé un champ de fleurs (ce peintre était me dit-on le meilleur représentant de l’école impressionniste); elle en eut trois fils; comme la Suisse elle-même : un rocher et deux pins. 

C’est donc de la façon la plus commune qu’Alberto, né ans l’ère des objets d’art, fut déterminé à devenir artiste; il fut envoyé à l’Académie. Mais il était doué de la seule qualité qui permette de produire quelques chefs-d’oeuvre : passionnément sensible au monde, ou peut-être à une certaine chose du monde – il la désirait avec une telle ardeur, un tel respect, de tels scrupules, qu’il devait connaître à son propos le tourment le plus général, – et l’absurde de l’expression. C’est ici que les questions les plus profondes se posent. Pourquoi devenir sculpteur ? Il décida alors de devenir lui-même. 

Quelques-uns donc parmi notre génération différèrent ainsi de se produire. Comme ils le purent; à leur façon. Ce n’étaient pas les moins forts, ni les moins sensibles: on s’en aperçoit seulement. 

C’est qu’ils s’y tenaient au coeur, en tiges, longtemps cachés par de plus brillants et caducs développements latéraux. Ceux-ci déjà se flétrissent, dont je parlerais moins volontiers, qui par leur réunion convergente d’abord formèrent la pointe en bouton; puis furent un temps les plus magnifiques. On en fait déjà des fagots pour chauffer la marmite des rustres – tandis qu’on respecte les premiers, depuis qu’on aperçoit à leur faîte le turion de la vie. On n’en finira plus commodément avec eux. Plus tard, ils feront des mâts de navire, – et longtemps, dans les nuits de l’avenir, c’est d’eux que dépendra le balancement des étoiles. 

Pourquoi devenir sculpteur ? Bergers, vous allez nous le dire: 

Houlette de Louis, houlette de Marie, 

Dont le fatal appui met notre bergerie 

Hors du pouvoir des loups, 

Vous placer dans les cieux en la même contrée

Des balances d’Astrée, 

Est-ce un prix de vertu qui soit digne de vous? *

Comme tout berger de montagne, Giacometti, sujet aux apparitions, n’a de cesse au cours de la même nuit qu’il ne les ait transformées en houlette. Peut-être, comme Jupiter, pour tenir la foudre en son poing?…

L’opération – pourtant d’autant moins facile qu’elle porte sur la plus petite chose, ce noeud : il ne s’agit de rien d’autre en somme que de faire d’un SPECTRE un SCEPTRE – ne nécessite sans doute qu’un travail mental énorme, et un canif.

Bergers  au petit jour se trouvent changés en rochers… Et c’est pourquoi sans doute l’on voit souvent, dans le quartier du café de Flore, se promener ce rocher, large et hirsute figure grise, marquée encore des stigmates de son tourment de la nuit: terrifié encore par ces frêles et menaçantes silhouettes d’arbres grêles autour de lui, ou de ces chèvres. Oui, du sculpteur à ses statuettes, le rapport est le même en effet que d’un cyclope à une nymphe (maigre), de Polyphème à Galatée : désir en surplomb, lorgnette abrupte – colossale différence de proportions. 

Pour parler de Giacometti et de son oeuvre, il fallait attendre de n’avoir plus qu’une chose à dire, à la fois la tenir à distance et la serrer de près. L’oeuvre d’ailleurs mérite qu’à son propos l’on abrège. Quitte à faire rouler au trou d’elle, pour la tenir seule, quelques gros rochers, par jalousie. 

Pourquoi donc fus-je tenté d’abord d’en parler subjectivement? Pourquoi, si différent d’elle que je me conçoive (et peut-être on ne peut plus différent), pensais-je n’en pouvoir trop m’en séparer? Bien plus, pourquoi me paraît-il que tout homme, au regard de la moindre de ses sculptures, doive connaître la même impression? Peut-être l’ai-je compris… La raison m’en est apparu comme un songe, t la voici… Ah! je crois que je la tiens! mais elle reste toujours à distance! Pourrons-nous l’approcher un peu ? Nos raisons, à partir d’ici, seront nécessairement un peu floues…

Bien sûr, elles tiennent au caractère même de ces apparitions. 

D’aucuns y voient des « grumeaux d’espace… »** D’autres … Non, chère amie! Bien que je vous sache gourmande et que vous y mettiez de l’esprit, non ! Bien qu’elles aient maigri au feu d’une passion très ardente – et qu’à la vue de certaines photographies l’image fâcheusement s’en impose – Non! Il serait malséant, je vous l’assure, de voir, dans ces figurines, des brochettes de petits rognons. Assez là-dessus, je vous en conjure! Vous me fâcheriez!

Ne nous mésallions qu’à la philosophie…

La mode au surplus le légitime et l’époque le justifie. De quel ordre d’apparitions s’agit-il? Religieuse, cela va sans dire, mais quelle est la religion du berger? Il s’agit de ce que notre époque a en tête, de son souci, de sa foi. Qu’est-ce donc qui nous met en souci? Qu’est-ce donc qui nous crucifie? Et de qui donc pouvons-nous dire, comme Pascal de Jésus, qu’il ne cessera d’être en croix tant que durera le monde, qu’on ne peut penser qu’à cela? 

L’Homme … La Personne humaine … La Personne libre … Le J E … A la fois bourreau et victime….A la fois chasseur et gibier…

L’homme – et l’homme seul – réduit à un fil _ dans le délabrement et la misère du monde – qui se cherche – à partir de rien. 

Exténué, mince, étique, nu. Allant sans raison dans la foule. 

L’homme en souci de l’homme, en terreur de l’homme. S’affirmant une dernière fois en attitude hiératique d’une extrême élégance. Le pathétique de l’exténuation à l’extrême de l’individu réduit à un fil. 

L’homme sur son bûcher de contradictions. Non plus même crucifié. Grillé. Vous aviez raison, chère amie. 

L’homme sur son trottoir comme une tôle brûlante; qui n’en peut détacher ses gros pieds. 

Ah! depuis la sculpture grecque, que dis-je depuis Laurens et Maillol, l’homme a bien fondu au bûcher!

C’est sans doute que depuis Nietzsche et Baudelaire la destruction des valeurs s’est accélérée. 

Elles dégouttent autour de lui, ses valeurs, ses graisses, pour alimenter son bûcher! 

L’homme non seulement n’a plus rien; mais il n’est plus rien; que ce J E. 

ça n’a plus de nom… Qu’un pronom!

C’est ce J E que vous avez réussi à faire tenir debout sur son jambage, sur son pied monstrueux, Cher Alberto. 

Cette apparition mince et floue, qui figure en tête de la plupart de nos phrases. Ce fantôme impérieux. 

Merci!

Car, grâce à vous, nous le tenons, ce pourceau de l’intelligence, l’homme, ce sceptre, ce fil! notre dernière dieu. 

Même sous le nom de PERSONNE, il ne pourra plus nous crever les yeux. 
Il ne s’agit que de prendre garde, et de surveiller son agonie. 

*Malherbe

** J-P Sartre

Alberto Giacometti ….. A propos de « La jambe »*

Vous me demandez, je crois, ce qui m'a amené à faire la sculpture de La jambe. Cette sculpture, je l'avais en imagination devant mes yeux depuis 1947, moment où j'avais fait Bras et main seuls. Il ne m'était pas possible à l'époque de faire une grande figure avec les différentes parties bien déterminées et pourtant j'avais le désir de définir un bras, une jambe, un ventre. Il ne me restait que la possibilité de faire la partie pour le tout, cela d'ailleurs correspondait à ma vision des choses. 

Je ne peux pas simultanément voir les yeux, les mains, les pieds d'une personne qui se tient à deux ou trois mètres devant moi, mais la seule partie que je regarde entraîne la sensation de l'existence du tout. 

Ceci est un des motifs qui m'a fait faire La jambe. 

Mais ce qui comptait au moins autant, sinon plus, c'était le désir, le plaisir physique d'avoir devant moi à une hauteur précise un pied d'une dimension précise, le genou à telle hauteur et le haut de la cuisse à ce point précis au-dessus de moi, et ce qui comptait autant c'était l'angle, la direction du pied, de la jambe, de la cuisse avec, d'une certaine manière, le genou comme point fixe. Par contre, la manière dont étaient modelées les différentes parties comptait très peu. 

Un jour, en 1958, il était urgent d'en finir avec cette jambe le plus vite possible après tant d'années que je la voyais en imagination sans éprouver le désir assez fort de la réaliser. Voilà tout ce que je peux dire aujourd'hui à propos de cette sculpture. 

Paris, le 13 février 1960

 

  • Texte écrit à la demande du Docteur Eduard Trier, conseiller artistique du Kulturkreis im Bundesverband der Deutsche Industrie. Il était destiné à une publication documentaire sur les dix sculptures qui avaient été achetées par cet organisme dans le cadre d'une donation au Musée Wilhelm Lehmbruck. Cette publication n'eut pas lieu et le texte fut publié pour la première fois, en allemand, dans le catalogue de la retrospective organisée par ce musée en 1977. Texte inédit en français.  

 

Alberto Giacometti, Ecrits. Présentés par Michel Leiris et Jacques Dupin

Savoir sur l'art, Hermann, éditeurs des sciences et des arts